Tu
dors ? Ce n'est pas vrai, folle, tu fais semblant
Tu sais bien que ton corps
est plus rose et plus blanc
Quand il se laisse aller à
cette nonchalance
Dans le hamac de soie où
ma main te balance,
Tu sais que la langueur tranquille
du sommeil
Te rend la peau plus fraîche
et le sang plus vermeil,
Et que tes deux tétins,
tandis que tu reposes,
Sont deux bouquets de lis et
deux boutons de roses ;
Tu sais que tous ces fruits
dont ta chair me régale,
Je ne puis les flairer sans
avoir la fringale ;
Car tu sens mon désir
dont le regard flamboie
Planer sur ton sommeil comme
un oiseau de proie.
Richepin
La soliste
Lorsqu'elle eut retroussé
sa jupe de drap beige
Et largement ouvert son pantalon
fendu
Je vis, comme un volcan dans
un cirque de neige
Son con rouge, obscène
et dodu.
Soigneuse, elle écarta
les délicats pétales
Epanouit sa chair, fit jaillir
le pistil
Et, tout en agitant ses mains
sentimentales
Elle murmura : "Te plaît-il
?"
Deux de ses doigts plongeaient,
d'un mouvement languide,
L'un dans un vagin tiède
et l'autre un peu plus bas.
Son clitoris dansait comme
un cheval sans guide.
"Ah ! fit-elle. Il ne te
plaît pas ?"
Mais son dardillon rouge et
ma langue irritante
Luttaient déjà,
du bout de leur semblable chair.
Elle disait : " Mon dieu
! que je suis donc contente !
Mon dieu ! que je l'ai donc
en l'air !"
Louÿs
Le baiser
N'êtes-vous pas toute
petite
Dans votre vaste appartement,
Où comme un oiseau qui
palpite
Voltige votre pied normand
?
N'est-elle pas toute mignonne,
Blanche dans l'ombre où
tu souris,
Votre aille qui s'abandonne,
Parisienne de Paris ?
N'est-il pas à Vous,
pleine d'âme,
Franc comme on doit l'être,
à l'excès,
Votre cœur d'adorable
femme,
Nu, comme votre corps français
?
Ne sont-ils pas, à Vous
si fière,
Les neiges sous la nuit qui
dort
Dans leur silence et leur lumière,
Vos magnifiques seins du Nord
?
N'est-il pas doux, à
Vous sans haine
Frémissante aux bruits
de l'airain,
Votre ventre d'Européenne,
Oui votre ventre européen
;
N'est-elle pas semblable au
Monde,
Pareille au globe entouré
d'air,
Ta croupe terrestre aussi ronde
Que la montagne et que la mer
?
N'est-il pas infini le râle
De bonheur pur comme le sel,
Dans ta matrice interastrale
Sous ton baiser universel ?
Et par la foi qui me fait vivre
Dans ton parfum et dans ton
jour,
N'entre-t-elle pas, mon âme
ivre,
En plein, au plein de ton amour
?
Nouveau
Nymphe émue
De ta tête, ôte
ce panier,
Naguère débordant
de fraises,
C'est en prendre trop à
ton aise,
Tant bien que mal, nymphe,
élevée.
Car sur les cendres de tes fraises
Les bravos ont fait relever
Le tulle du lit où repose
La source d'hier, qui se tut.
Nymphe, m'apprivoisent tes cuisses,
Tes jambes à mon cou,
statue,
Je courrais comme ondes bondissent,
En arrivant en bas se tuent.
Obligé qui voudrait y
boire
Biche, de se mettre à
genoux.
Nymphe pensionnaire des bois
Me conviant à ce goûter,
Pour que commodément
je puisse
Tes sauvages fraises brouter,
Demande aux ronces de ces bois
De lever ton tablier noir :
Ardeur de cheminée, à
nous
Forestière tu te révèles,
Ton feu je l'allume à
genoux
Comme aux sources lorsqu'on
y boit.
Radiguet
...Aux chocs des dents,
aux jeux des bouches
qui se prennent et se déprennent,
dans l'architecture de deux
corps noués
et dénoués ;
perdus entre les eaux,
les draps, les cris,
la langue folle cueille le
sel
à tous les rochers de
la peau
(et j'affouille sous la jupe
qui se fend la nocturne splendeur
du ventre),
puis revient en la moiteur
devineresse,
et glisse et court par le sentier
de nos plaisirs, puis quitte,
pour le bonheur
des yeux, et l'audace du sexe,
l'arche somptueuse
de deux fesses qui se rendent...
Juin
Poésies érotiques de
la littérature française
Poèmes
érotiques du 16ème siècle
Poésies
érotiques du XVIème siècle
Poèmes
érotiques du 17ème siècle
Poésies
érotiques du XVIIIème siècle
Poèmes
érotiques du 19ème siècle
Poésies
érotiques du XIXème siècle
Poèmes
érotiques du 20ème siècle
Proverbes chinois et hindous
Proverbes
chinois
Pensées
chinoises
Proverbes
hindous
Pensées
hindoues
Veda
de l'Hindouisme
|