Combien
j'ai douce souvenance
De nos amours, ô ma Clémence,
Ces jours à jamais effacés,
j'y pense,
Où sont nos coïts
insensés passés !
Te souvint-il, lorsque ma pine,
Luxurieuse et libertine,
Entre tes lèvres se
glissant, coquine,
Tu me suçais en rougissant,
souvent ?
Dis-moi, te souvient-il encore
De ces caresses que j'adore
:
Ma langue avide en frémissant
Dévore ton clitoris
rose et dardant
Son gland...
Patin de la Fizelière
Le clitoris
Le clitoris en fleur, que jalousent
les roses,
Aspire sous la robe, à
l'invincible amant ;
Silence, vent du soir ! taisez-vous,
cœurs moroses !
Un souffle a palpité
sous le blanc vêtement.
Béatrix, Héloïse,
Eve, Clorinde, Elvire,
Héroïnes d'amour,
prêtresses de l'art pur,
Chercheuses d'infini, cachez-vous
de l'azur !
D'astre en astre montez, aux
accents de la lyre
Loin des soupirs humains ;
plus haut, plus haut encor,
Volez, planez, rêvez
parmi les sphères d'or !
Le printemps fait jaillir les
effets hors des causes ;
La lune irrite, ô mer
! ton éternel tourment,
Et le désir en flamme
ouvre amoureusement
Le clitoris en fleur qui jalouse
les roses.
Cantel
La fleur de Châtaignier
La floraison du châtaignier
Offre une odeur particulière
Et difficile à désigner.
Essayons pourtant. - Maître
Pierre,
Certain soir, avec sa fermière
Et son garçon, rentraient
de loin,
Sur une charrette de foin.
Pierre dormait. Sa bonne femme
Dormait aussi près du
garçon.
Le garçon tâtonnait
la dame,
Qui, sans faire trop de façon,
Se laissait pousser à
la gamme,
Si bien que, dans un doux frisson,
Jaillit la liqueur sans pareille
Qui fait les rois et les fermiers.
- Tiens ! dit le mari qui s'éveille,
En dressant le nez et l'oreille,
Nous passons sous les châtaigniers.
Blanchemain
.. J'ai longtemps exercé
! mais j'ai vu rarement
Une putain sachant branler
parfaitement :
As-tu fait là-dessus
une étude profonde
Et te sens-tu de force à
contenter ton monde ?
Flora
Je l'espère... et pourtant
si j'ai reçu du ciel
Ce talent admirable et providentiel,
- Car on peut devenir une bonne
fouteuse,
Mais on ne devient pas, il
faut naître branleuse ! -
Toutefois la pratique et l'art
et le travail
M'ont nécessairement
appris plus d'un détail
Dont je sais à propos
faire un très bel usage,
Selon l'individu, surtout selon
son âge.
Mais, pour faire jouir, j'ai
d'ailleurs un moyen
Qui jusques à ce jour
m'a réussi très bien ;
Du vit dans mes deux mains
je fais rouler la tête
Vite et fort ; par instants
tout à fait je m'arrête...
Quand la pine se gonfle et
que le foutre est prêt,
En pressant le canal j'en modère
le jet ;
Je bouche quelquefois tout à
coup la soupape,
Et par petits filets seulement
il m'échappe...
Et ce manège-là,
plusieurs fois répété,
Au suprême degré
porte la volupté !
Protat
Mignonne, sais-tu qu'on me blâme
De t'aimer comme je le fais
?
On dit que cela, sur mon âme
!
Aura de singuliers effets ;
Que tu n'es pas une duchesse,
Et que ton cul fait ta richesse,
Qu'en ce monde, ou rien n'est
certain,
On peut affirmer une chose
:
C'est que ton con vivant et
rose
N'est que le con d'une putain
!
Qu'est-ce que cela peut foutre
?
Lorsqu'on tient ces vains propos,
Je les méprise, et je
passe outre,
Alerte, gaillard et dispo !
Je sais que près de
toi je bande
Vertement, et je n'appréhende
Aucun malheur, sinon de voir,
Entre mes cuisses engourdies,
Ma pine flasque et molle choir
!...
Mallarmé
Les trois sœurs
Toutes les trois étaient
charmantes
Toutes les trois étaient
putains
Dans le d'Harcourt prenant
des menthes
Toutes les trois étaient
charmantes
Toutes les trois mettant leurs
mantes
Suivaient des michets incertains.
Toutes les trois étaient
charmantes.
Toutes les trois étaient
putains.
Toutes les trois étaient
frisées
Etant juives toutes les trois.
Leurs six yeux lançaient
des fusées.
Leurs trois bouches étaient
rosées,
Leurs trois vagins étaient
étroits.
Toutes les trois étaient
frisées
Etant juives toutes les trois.
Orphélie, Augustine,
Héloïse
Etaient leurs trois noms usuels.
Toutes les trois se cherchaient
noise,
Orphélie, Augustine,
Héloïse ;
Leur triple langue était
grivoise,
Leurs trois coups de reins
sensuels.
Orphélie, Augustine,
Héloïse
Etaient leurs trois noms usuels.
Cros
Je ne l'entendais pas, tant
je regardais,
Par sa robe entr'ouverte, au
loin je me perdais,
Devinant les dessous et brûlé
d'ardeurs folles ;
Elle se débattait, mais
je trouvais ses lèvres !
Ce fut un baiser long comme
une éternité
Qui tendit nos deux corps dans
l'immobilité.
Elle se renversa, râlant
sous ma caresse ;
Sa poitrine oppressée
et dure de tendresse
Haletait fortement avec de
longs sanglots.
Sa joue était brûlante
et ses yeux demi-clos ;
Et nos bouches, et nos sens,
nos soupirs se mêlèrent
Puis, dans la nuit tranquille
où la campagne dort,
Un cri d'amour monta, si terrible
et si fort
Que des oiseaux dans l'ombre
effarés s'envolèrent.
Ainsi que deux forçats
rivés aux mêmes fers
Un lien nous tenait, l'affinité
des chairs
Maupassant
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