Je
te salue, ô vermeillette fente,
Qui vivement entre ces flancs
reluis ;
Je te salue, ô bienheureux
pertuis,
Qui rends ma vie heureusement
contente !
C'est toi qui fais que plus
me tourmente
L'archer violent qui causait
mes ennuis;
T'ayant tenu seulement quatre
nuits,
Je sens sa force en moi déjà
plus lente.
Ô petit trou, trou mignard,
trou velu,
D'un poil follet mollement
crespelu,
Qui à ton gré
domptes les plus rebelles :
Tous verts galants devraient,
pour t'honorer,
A beaux genoux te venir adorer,
Tenant au poing leurs flambantes
chandelles !
Ronsard
Trois choses font dix fois à
une fille belle,
Trois et quatre fois lors est
son corps gracieux.
Trois blancs : la chair, les
dents et le dedans des yeux;
Trois noirs : c'est le pénil,
le sourcil, la prunelle;
Trois hauts ; tétin,
et front, et ce qu'on ne révèle;
Trois bas : la révérence,
et la vue, et la voix ;
Trois menus : c'est l'estomac,
la cuisse et ce qu'on cèle ;
Trois courts : c'est le tétin,
l'oreille et les talons ;
Trois : ce sont les cheveux,
la paume et la main longs ;
Trois durs : c'est le tétin,
et le ventre, et la fesse ;
Trois mols : c'est les cheveux,
la paume et les genoux.
Bref, ces trente beautés
faut que je trouve en vous,
Pucelle, si vous voulez vous
dire ma maîtresse.
Bretin
Cul rondelet, cul proportionné,
De poil frisé pour haie
environné
Où tu te tiens toujours
la bouche close,
Fors quand tu vois qu'il faut
faire autre chose.
Cul bien froncé, cul
bien rond, cul mignon,
Qui fait heurter souvent ton
compagnon
Et tressaillir, quand sa mie
on embrasse
Pour accomplir le jeu de meilleure
grâce.
Cul rembourré comme
un beau carrelet,
Qui prend les gens plus au
nez qu'au collet.
Cul préféré
à chacun autre membre,
Qui le premier couche au lit
de sa chambre
Et le dernier en sort gai et
léger,
Comme de table à l'heure
de manger.
Cul anobli et à qui
fait hommage
La blanche main, voire tête
et corsage
S'inclinant bas pour te pouvoir
toucher.
De Beaulieu
Au ciel de vos beautés
l'Amour me défie ;
Presse-moi, serre-moi, tiens-moi,
joins-moi, mon cœur ;
Car là déjà
je sens une douce liqueur,
Qui donne ensemblement et la
mort et la vie.
Sois plus prompte au combat,
je trépasse d'envie,
Je ne veux amortir ta prochaine
chaleur ;
Là donc d'un bond mignon
incite ton ardeur,
Et d'un branle poupin plein
de douce furie,
Toujours je temporise en un
si beau désir,
Pour rendre plus parfait un
si plaisant plaisir,
Et pour le faire aussi de plus
longue durée.
Mais l'aise toutefois me transporte
beaucoup :
Je n'en puis plus, folâtre,
oh ! je meurs à ce coup.
Vous l'avez trouvé bon,
ma petite sucrée.
de Papillon de Lasphrise
Jeanne voulait savoir du médecin
Lequel vaut mieux le soir du
matin,
Au jeu d'amour. Il dit que
plus plaisant
Etait le soir, le matin plus
duisant
Pour la santé. "Lors,
dit Jeanne en riant,
Je le ferai d'un appétit
friand,
Doncques au soir pour la grand'volupté
Et le matin pour la bonne santé
!"
Vauquelin de la Fresnay
Eloge du con
Ô con gentil, con mignon,
con joli,
Con rondelet, con net, con
bien poli,
Con ombragé d'un petit
poil follet,
Con où il n'y a rien
de difforme ou laid ;
Con, petit con, dont la bouche
vermeille
A fait dresser à maint
grand vit l'oreille ;
Con que l'on doit, plus qu'un
saint, tenir cher,
Quand ainsi fait ressusciter
la chair.
Ô
con, qui peut à ta louange tendre ?
Où est l'engin qui te
puisse comprendre ?
Con est d'amour le trésor
et domaine,
Con, la forge de quoi nature
humaine
Fait ses divins et excellents
ouvrages,
Con est de mort réparant
les dommages ;
Con est la fin dont l'amour
se couronne,
Con est le prix dont amour
se guerdonne.
Somme, le con, quand tout est
bien compris,
Sur le surplus doit emporter
le prix.
Il est bien vrai que l'œil
l'amour attire,
Mais le con est l'amour qui
se désire.
Or de la bouche elle a bien
bonne grâce
Et croit pour vrai que la première
place
Doit obtenir au service du
con,
Car trop mieux qu'autre elle
sait sa leçon.
Pour refuser ou accorder l'entrée
De l'amoureuse et plaisante
contrée ;
Touchant la main elle est propre
et aduicte.
Pour con servir de loyale conduite,
Etre près lui, et prompt
à ses affaires
Les plus secrets et les plus
nécessaires.
De ce tétin il n'en
faut point mentir,
Je ne sais quoi à qui
le coeur sentir
Prochain parent et de nature
même
De ce con-ci, qui est cher
comme crème,
Quant au regard de sa cuisse,
bien faite,
Blanche, élevée,
ronde, dure et refaite,
C'est le beau lit où
le con se repose
Ce con plaisant, ce con tant
digne chose,
Que je puis dire, et sans imputer
vice
Au résidu, tout fait
pour son service :
"Doncques
de corps entier au départi,
Je prends le con pour meilleur
parti."
Régnier
Eh bien mon doux ami, comment
vous portez-vous?
Etes-vous satisfait du con
de Magdelaine ?
Quant à moi, je suis
bien, j'ai le vit en haleine,
Tout prêt comme il me
semble à foutre quatre coups.
Je prends tant de plaisir à
l'heure que je fous
Et que Rose sous moi à
foutre se démène,
Que l'aise de mon âme
au bout du vit la mène
Pour faire un lit d'honneur
entre ses deux genoux.
Mon vit en y pensant se raidit
et se hausse,
Tellement que sa forme apparaît
par dehors ;
Au souvenir de Rose, et fait
lever ma chausse.
Rose de qui le con a des roses
les bords,
Où je voudrais fourrer
les couilles et le corps
Et là, comme un anchois,
me fondre tout en sauce !
Régnier
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